Готовый перевод Pédagogie raisonnée de l'interpretation / Система подготовки устного переводчика: Chapitre II - 1. Un exemple d'interpretation professionnelle
ГЛАВА ВТОРАЯ
ПОСЛЕДОВАТЕЛЬНЫЙ ПЕРЕВОД
1. ПЕРЕВОД, ВЫПОЛНЕННЫЙ ПРОФЕССИОНАЛОМ (ПРИМЕР)
Чтобы четко обозначить цели обучения на этапе освоения последовательного перевода, стоит продемонстрировать учащимся перевод, выполненный профессионалом. Чтобы стало ясно, что последовательный перевод - это не резюме и не пересказ, а точный эквивалент текста, сохраняющий все его нюансы, ниже приводится 8-минутный отрывок выступления на немецком языке, а затем - его перевод на французский. Данная речь была произнесена Филиппом Йеннигером по случаю избрания на пост президента Бундестага 5 ноября 1984 года; она отличается высоким слогом и вычурностью мыслей. Далее следует первая часть выступления:
Meine Damen und Herren,
verehrte Kolleginnen und Kollegen !
Ich danke für das Vertrauen, das Sie mir entgegengebracht haben. Denjenigen unter Ihnen, die eine andere Entscheidung getroffen haben, gilt mein voller Respekt. Alle aber bitte ich Sie um Unterstützung und kollegiale Zusammenarbeit.
Ich werde mich um eine gerechte und unparteiische Amtsführung bemühen und will für jedes Mitglied dieses Hauses da sein, unabhängig davon, ob Sie mich gewählt haben oder nicht.
Ich übernehme, meine Damen und Herren, das Amt des Präsidenten des Deutschen Bundestages mitten in der laufenden Legislaturperiode. Ich übernehme dieses Amt auch deshalb gern, weil ich unser Land liebe und weil unser Staat, die freiheitlichste Republik, die es je auf deuschem Boden gab, es wert ist, für ihn zu arbeiten.
Der Erste in diesem Hause zu sein, bedeutet für mich nicht besondere Würde und Glanz, sondern vorbildliche Arbeit und Dienst für unser Volk. Unsere freiheitliche Demokratie lebt vom Engagement aller Bürger, und sie lebt von dem besonderen Dienst derer, die vom Volk gewählt sind und die ihre Aufgabe mit Leidenschaft, Verantwortungsgefühl und Augenmass erfüllen sollen.
Mit besseren Worten hat dies einmal Theodor Heuss, mein schwäbischer Landsmann, der erste Präsident unserer Republik, ausgedrückt — ich zitiere — :
« Demokratie stirbt als Institution wie als Lebensgesinnung an dem "Ohne-Mich", sie lebt aus dem "Mit-Mir", und dieses "Mit-Mir" buchstabiert weiter "Mit-Dir". »
So weit Theodor Heuss.
Konrad Adenauer hat es so formuliert :
« Demokratie kann man nicht allein mit noch so ausgeklügelten Gesetzen verwirklichen. Sie sind nur eine Voraussetzung. Demokratie ist vor allem eine Frage des Verhaltens der Menschen, ihres persönlichen Verhaltens zueinander und ihres Verhaltens zum Staat. Demokratie muss gelebt werden. »
Wir alle, meine Damen und Herren, sind gefordert, aus der Vergangenheit und der Gegenwart heraus die Zukunft zu gestalten. Sie wird entscheidend davon bestimmt werden, ob es uns gelingt, fünf grosse Aufgaben zu bewältigen : den Frieden zu sichern und zu erhalten, die Arbeitslosigkeit abzubauen, die technologische Entwicklung zu beherrschen, eine gesunde Umwelt wiederherzustellen und zu bewahren und der Dritten Welt Hilfe zur Selbsthilfe zu geben.
Nach meiner Überzeugung handeln wir nur dann richtig, wenn wir dabei den Menschen in den Mittelpunkt stellen mit den Grundwerten der Freiheit, der Solidarität und der Gerechtigkeit und wenn wir unseren Auftrag im Geiste der Verantwortung gegenüber unseren Mitmenschen erfüllen.
Meine Damen und Herren, in diesen Tagen stellen viele Bürger unseres Landes besorgt die Frage, ob Unabhängigkeit und Integrität unserer politischen Organe noch gegeben sind. Es herrschen da und dort Zweifel, ob die Politiker in ihrem Denken und Handeln auch immer das Wohl des Staates und seiner Bürger im Sinn haben. Wir alle sind an dieser Diskussion nicht unschuldig. Wir sollten deshalb auch alle mithelfen, dass diese « Vertrauenskrise » alsbald überwunden wird.
Dabei darf nichts unter den Teppich gekehrt werden. Die Bürger wollen Klarheit, nicht Ausreden und Zank. Wir dürfen sie nicht enttäuschen.
Menschen und Systeme haben ihre Mängel. Es wäre unredlich, das zu leugnen und so zu tun, als sei alles in bester Ordnung. Wo Fehler gemacht worden sind und gemacht werden, müssen diese rückhaltlos aufgeklärt und abgestellt werden.
Wo sich Misstrauen ausgebreitet hat, muss Glaubwürdigkeit wieder einkehren. Die Auseinandersetzungen darüber sollten jedoch alle Beteiligten selbskritisch, aber auch fair, offen, aber auch intellektuell redlich führen. Nichts zerfrisst die Glaubwürdigkeit der Politiker erbarmungsloser als Heuchelei !
Mein besonderer Appell geht in diesem Zusammenhang auch an unsere Medien. Wir fordern eine wahrheitsgemässe Berichterstattung und eine faire Kommentierung der Vorgänge. Auch unsere Medien tragen ein grosses Stück Verantwortung nicht nur für das Funktionieren, sondern auch für die Erhaltung unserer freiheitlichen Demokratie.
Die kritische Begleitung unserer Arbeit durch die Medien ist in unserer Demokratie nicht nur unabdingbar ; wir wollen sie auch. Aber die soviel beschworene Transparenz öffentlichen Lebens darf nicht zum Selbstzweck werden, und Berichterstattung darf nicht zu einem lukrativen Geschäft neuzeitlicher Massenunterhaltung degenerieren.
Перевод этого текста был выполнен последовательно (длительность: восемь с половиной минут) и выглядел следующим образом:
Mesdames, Messieurs, chers Collègues,
Permettez-moi tout d'abord de vous dire merci pour la confiance que vous m'avez témoignée. Permettez-moi aussi de dire à ceux dont le choix ne s'est pas porté sur ma personne que j'ai le plus grand respect pour leur décision.
Quoi qu'il en soit, je me tourne vers chacun d'entre vous pour demander à chacun de m'apporter aujourd'hui tout votre appui, toute votre collaboration collégiale.
Je m'engage ici même à exercer mes hautes fonctions dans un esprit de justice et d'impartialité ; je suis à la disposition de chacun d'entre vous... qu'il ait voté pour moi ou qu'il ait voté contre.
Mesdames et Messieurs, j'assume aujourd'hui mes hautes fonctions de Président du Bundestag à mi-chemin de la législature. Si j'ai accepté volontiers de poser ma candidature, c'est par amour pour mon pays, par amour pour cette république qui est la plus libre, la plus tolérante qui ait jamais existé sur le sol allemand... qui mérite qu'on se mette pleinement à son service.
Si je suis aujourd'hui le premier d'entre vous, croyez bien queje n'entends pas assumer cette fonction pour l'honneur et le prestige qu'elle confère ; j'entends assumer le travail que comporte cette fonction, j'entends me mettre au service de mes concitoyens.
La démocratie ne vit et ne survit que grâce à l'engagement de chacun de ses citoyens — elle vit et elle survit grâce à ceux que le peuple a élus pour qu'ils se mettent à son service, pour qu'ils accomplissent leur mission avec passion mais aussi avec le sens des responsabilités et avec mesure.
Vous me permettrez de citer ici les paroles du premier Président de notre République, Theodor Heuss, qui a rappelé que la démocratie meurt, que la notion même de démocratie disparaît lorsqu'un peuple se dit « Peu m'importe ! », mais qu'elle vit et survit lorsque chacun se dit : « Je veux en être » et lorsqu'à ce « je veux en être » succède un «je veux en être dans la solidarité ! »
Permettez-moi aussi de vous rappeler ce qu'a dit Konrad Adenauer : la réalité démocratique n'existe pas seulement grâce à des lois, si raffinées soient-elles — les lois ne sont qu'un préalable — une démocratie ne vit que si des hommes la font vivre, si le comportement des hommes les uns envers les autres et à l'égard de l'Etat est un comportement démocratique. La démocratie est l'expérience d'un vécu.
Pour que notre démocratie vive, Mesdames et Messieurs, il nous faut tous, jusqu'au dernier, répondre « présent » au défi que nous pose le passé, que nous pose le présent et que nous pose l'avenir qu'il s'agit de forger. Cet avenir sera ce que nous voulons qu'il soit si nous sommes prêts à accomplir les cinq tâches qui se posent à nous aujourd'hui :
- Assurer la paix et la maintenir
- Réduire le chômage
- Dominer l'évolution technologique de notre temps
- Rétablir la salubrité de l'environnement dans lequel nous vivons
- Enfin, aider le Tiers-Monde à s'aider lui-même.
Je suis convaincu que nous ne conduirons notre action comme il se doit que si l'Homme reste toujours au coeur de nos préoccupations — si les valeurs fondamentales que sont la liberté, la justice, la solidarité, sont respectées à chaque instant et si nous comprenons que notre mission sur terre est d'être responsable à l'égard de nos semblables.
Mesdames, Messieurs, nombreux sont aujourd'hui ceux qui posent la question de savoir si les organes représentatifs de nos institutions sont encore totalement indépendants et totalement intègres. On entend de-ci de-là émettre des doutes quant au discours des hommes politiques, quant à l'action de ces hommes et l'on se demande si chacune de leurs paroles, si chacun de leurs actes est réellement dirigé vers le bien public.
Nous sommes tous en cause dans cet état de chose et il nous faut tous veiller à ce que la crise de confiance qui s'est déclenchée soit bientôt apaisée. Il s'agit de ne rien cacher, de ne rien dissimuler ; nos concitoyens sont en droit de connaître la vérité, de vouloir que clarté soit faite. Ils n'ont que faire de faux-fuyants et de controverses stériles. Nous n'avons pas le droit de les décevoir.
Il n'est pas d'homme, il n'est pas de système qui n'ait ses insuffisances. Il n'est pas question de le nier, il n'est pas question de prétendre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Si des fautes ont été commises, si des fautes sont encore commises aujourd'hui, il faut le reconnaître sans ambages, il faut que cela cesse.
Là où règne aujourd'hui la méfiance, il faut que s'instaure à nouveau la crédibilité. Ce qui se dit de part et d'autre doit l'être de façon auto-critique et loyale, ouverte, sans la moindre réserve mentale — rien ne doit être dissimulé — il n'y a pas pire que l'hypocrisie et le mensonge pour saper la confiance dont devraient jouir les hommes politiques.
Je me tourne maintenant plus particulièrement vers la presse, vers les médias. Nous lui demandons, nous demandons à l'ensemble des médias de toujours présenter des informations exactes, d'être toujours loyaux et impartiaux dans leurs commentaires. Les médias ont eux aussi une part de responsabilité pour assurer le bon fonctionnement de la démocratie, et bien aussi dans la préservation de cette démocratie. Que la presse critique le travail des hommes politiques, que la presse se préoccupe de l'action des hommes politiques est non seulement indispensable, c'est souhaitable. On exige, et on a raison, que la vie politique soit transparente — mais cette recherche de transparence ne doit pas être un objectif en soi ; elle ne saurait dégénérer en un passe-temps pour le grand public, elle ne saurait être la seule recherche du sensationnel et du lucre.
Из этого видно, как работает профессиональный переводчик, у которого за плечами несколько лет практики. Приемы и методы, которые позволяют добиться такого результата, подробно рассмотрены в данной главе.
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